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Surveiller la santé financière d'un débiteur : la veille du créancier face aux procédures collectives

La scène se répète dans tous les cabinets de contentieux des affaires : un fournisseur découvre, en relançant une facture impayée depuis trois mois, que son client a été placé en liquidation judiciaire. Le jugement a été publié six semaines plus tôt. Le délai pour déclarer sa créance file, personne ne l'a prévenu, et la somme en jeu représente plusieurs mois de trésorerie. Le même piège guette le bailleur commercial qui apprend, une quittance à la main, que son locataire fait l'objet d'une procédure collective. Ce guide explique comment détecter en amont la fragilité d'un débiteur, comment repérer l'ouverture d'une procédure dès sa publication, et comment réagir dans les délais couperets qu'impose le livre VI du code de commerce, déclaration de créance et revendication en tête.

Pourquoi la veille du créancier commence avant le premier impayé

Un créancier qui découvre la défaillance de son débiteur au moment de l'impayé a déjà perdu une bataille. Les procédures collectives obéissent à une logique de délais stricts et de traitement collectif : une fois le jugement d'ouverture prononcé, chaque créancier doit se manifester activement, dans une fenêtre courte, sous peine de ne plus rien pouvoir réclamer. La passivité se paie cash.

La veille créancier consiste précisément à ne pas subir cette temporalité. Elle repose sur deux réflexes complémentaires. D'abord, surveiller la santé financière du débiteur pendant toute la relation commerciale, pour anticiper une dégradation. Ensuite, détecter sans délai l'ouverture d'une procédure collective, pour réagir dans les temps. Ces deux volets ne concernent pas seulement les grands comptes. Une PME du bâtiment qui travaille avec quelques donneurs d'ordre, un bailleur commercial dont un local représente une part importante des loyers, un cabinet d'expertise-comptable qui avance des frais pour ses clients : tous ont intérêt à structurer leur vigilance.

La distinction fondamentale à intégrer est celle entre les procédures préventives, largement confidentielles, et les procédures collectives proprement dites, qui font l'objet d'une publicité légale. La première catégorie échappe presque totalement à la veille documentaire. La seconde offre au contraire des points d'accès publics que tout créancier averti doit consulter.

Détecter les signaux faibles de fragilité financière

Avant l'ouverture d'une procédure, un débiteur en difficulté émet des signaux. Encore faut-il savoir les lire.

Les indices comportementaux dans la relation commerciale

Les premiers signes se manifestent dans la relation elle-même. L'allongement progressif des délais de paiement, des règlements partiels ou fractionnés non prévus au contrat, des demandes de rééchelonnement, des chèques présentés puis retirés, un interlocuteur habituel qui devient injoignable : chacun de ces éléments, isolé, peut être anodin. Leur accumulation constitue un faisceau d'indices sérieux.

Un fournisseur attentif tient un historique de paiement client par client. Une entreprise dont le délai moyen de règlement passe de trente à quatre-vingt-dix jours en quelques mois mérite une attention renforcée : révision des encours autorisés, exigence de garanties, voire passage au paiement comptant.

Les indices juridiques et financiers accessibles

D'autres signaux sont documentaires. La radiation d'un dirigeant, un changement fréquent de commissaire aux comptes, des privilèges inscrits par l'URSSAF (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales) ou par l'administration fiscale, l'existence d'inscriptions de nantissement, tout cela se consulte. Le retard ou l'absence de dépôt des comptes annuels au greffe est un indicateur particulièrement parlant : une société qui ne publie plus ses comptes cherche souvent à masquer une situation dégradée.

Les procédures préventives, à l'inverse, restent difficiles à détecter. Le mandat ad hoc et la conciliation, régis par les articles L611-3 et suivants du code de commerce, sont couverts par une confidentialité stricte, précisément pour permettre au dirigeant de négocier avec ses partenaires sans déclencher de panique. Un créancier ne les découvre en général que s'il est lui-même appelé à la table des négociations. La procédure de sauvegarde, elle, fait l'objet d'une publicité, car elle relève déjà des procédures collectives.

Les outils de surveillance : Infogreffe, BODACC et RCS

La détection de l'ouverture d'une procédure repose sur trois sources publiques qu'un créancier doit intégrer à sa routine.

Le registre du commerce et des sociétés (RCS), consultable notamment via le portail Infogreffe, centralise les informations légales des entreprises : identité des dirigeants, capital, dépôts de comptes, mentions relatives aux procédures en cours. Consulter Infogreffe pour repérer une procédure collective permet de vérifier, à un instant donné, si une entreprise fait l'objet d'une mention de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire. Le portail propose également des services de surveillance qui alertent l'abonné dès qu'une modification affecte la situation d'une société suivie. Pour un créancier dont l'exposition se concentre sur un nombre limité de débiteurs, cet abonnement de surveillance change la donne.

Le BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) est le journal officiel des annonces de procédures collectives. C'est lui qui fait courir les délais. La publication du jugement d'ouverture au BODACC marque le point de départ du délai de déclaration de créance et du délai de revendication. Le BODACC est librement consultable en ligne, et il est possible d'y effectuer des recherches par nom de société. Un créancier structuré met en place une veille sur les raisons sociales de ses principaux débiteurs.

Enfin, les greffes des tribunaux de commerce délivrent des extraits Kbis et des états d'endettement qui recensent les inscriptions de privilèges et de sûretés. Un état d'endettement révélateur, avec des inscriptions récentes du Trésor et de l'URSSAF, constitue un signal d'alerte majeur.

Comprendre les procédures collectives et leurs effets sur le créancier

Réagir suppose de comprendre ce qui s'ouvre. Le livre VI du code de commerce distingue trois procédures collectives judiciaires, aux effets différents pour le créancier.

La sauvegarde (articles L620-1 et suivants) s'adresse à une entreprise qui n'est pas encore en cessation des paiements mais rencontre des difficultés qu'elle ne peut surmonter seule. Elle est demandée par le dirigeant lui-même. Le redressement judiciaire (articles L631-1 et suivants) concerne une entreprise déjà en cessation des paiements, c'est-à-dire dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible, mais dont le redressement paraît possible. La liquidation judiciaire (articles L640-1 et suivants) intervient lorsque le redressement est manifestement impossible : l'activité cesse, l'actif est réalisé pour désintéresser les créanciers dans un ordre de priorité défini par la loi.

Ces trois procédures partagent des effets communs qui bouleversent la position du créancier. Le jugement d'ouverture emporte l'arrêt des poursuites individuelles : à compter de cette date, un créancier antérieur ne peut plus agir en paiement ni pratiquer de saisie. Il emporte également l'interdiction de payer les créances nées avant le jugement, ce qui explique qu'une facture antérieure ne sera pas honorée spontanément. Le paiement s'effectuera, s'il a lieu, dans le cadre collectif et selon le rang de la créance.

Une notion mérite l'attention du créancier vigilant : la période suspecte. En redressement et en liquidation, le tribunal fixe la date de cessation des paiements, qui peut être reportée jusqu'à dix-huit mois avant le jugement d'ouverture. Certains actes accomplis pendant cette période, comme des paiements de dettes non échues ou des sûretés consenties pour des dettes antérieures, peuvent être annulés au titre des nullités de la période suspecte prévues aux articles L632-1 et suivants. Un créancier qui aurait obtenu un paiement ou une garantie in extremis n'est donc jamais totalement à l'abri d'une remise en cause.

Réagir dans les délais : la déclaration de créance

La déclaration de créance est l'acte central par lequel le créancier fait valoir ses droits. Ne pas la faire, ou la faire hors délai, revient à renoncer à toute chance de paiement.

Le délai couperet de deux mois

L'article L622-24 du code de commerce impose au créancier antérieur de déclarer sa créance entre les mains du mandataire judiciaire. Le délai est de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC. Ce délai est porté à quatre mois pour les créanciers qui ne demeurent pas sur le territoire de la France métropolitaine. Ces dates ne se négocient pas : elles courent que le créancier ait eu connaissance ou non de la procédure, d'où l'importance capitale de la veille sur le BODACC.

Une exception protège certains créanciers. Le titulaire d'une sûreté publiée ou d'un contrat publié doit être averti personnellement par le mandataire judiciaire d'avoir à déclarer sa créance. Pour lui, le délai ne court qu'à compter de cet avertissement. C'est notamment le cas du bénéficiaire d'un nantissement inscrit. En revanche, le fournisseur ordinaire, chirographaire, ne bénéficie d'aucun avertissement individuel : à lui de surveiller la publicité légale.

Le contenu de la déclaration

La déclaration doit indiquer le montant de la créance due au jour du jugement d'ouverture, avec les sommes à échoir et leurs dates d'échéance, la nature du privilège ou de la sûreté éventuelle, et les modalités de calcul des intérêts. Elle doit être accompagnée des pièces justificatives : factures, bons de commande, contrat, décompte. Depuis l'ordonnance n°2014-326 du 12 mars 2014, le débiteur peut porter certaines créances à la connaissance du mandataire, ce qui vaut déclaration pour le compte du créancier, mais mieux vaut ne jamais compter sur cette voie et déclarer soi-même.

La déclaration peut être faite par le créancier lui-même ou par un mandataire, dont l'avocat. Une créance mal évaluée, sous-estimée ou dépourvue de pièces s'expose à contestation lors de la vérification du passif. La rigueur du chiffrage conditionne le montant qui sera finalement admis.

La forclusion et le relevé de forclusion

Le créancier qui laisse passer le délai est frappé de forclusion : sa créance devient inopposable à la procédure, il ne participe ni aux répartitions ni aux dividendes du plan. Le code de commerce ouvre toutefois une porte de secours. L'article L622-26 permet de demander au juge-commissaire un relevé de forclusion, à condition de démontrer que la défaillance n'est pas due au créancier, par exemple parce que le débiteur l'avait volontairement omis de la liste de ses créanciers. Cette action doit être engagée dans un délai contraint, en principe six mois à compter de la publication du jugement d'ouverture. Le relevé de forclusion reste une voie étroite, subordonnée à la preuve d'une cause étrangère au créancier. Il ne remplace jamais une déclaration faite dans les temps.

Revendiquer ses biens : réserve de propriété et délai de trois mois

La déclaration de créance permet de participer à la répartition. La revendication, elle, permet de récupérer des biens en nature, ce qui est souvent bien plus avantageux.

Le fournisseur qui a livré des marchandises assorties d'une clause de réserve de propriété conserve la propriété de ces biens jusqu'au paiement intégral du prix. En cas de procédure collective, il peut les revendiquer, c'est-à-dire en réclamer la restitution, s'ils se retrouvent en nature dans le patrimoine du débiteur. Encore faut-il respecter les conditions des articles L624-9 et suivants du code de commerce.

Le délai est ici de trois mois à compter de la publication du jugement d'ouverture. Trois conditions se cumulent en pratique : la clause de réserve de propriété doit avoir été convenue par écrit au plus tard au moment de la livraison, les biens doivent exister en nature au jour du jugement, et ils doivent être identifiables. Une marchandise transformée ou revendue échappe en général à la revendication, sauf report sur le prix de revente non encore payé.

Pour un fournisseur, l'articulation entre les deux actions est décisive. Il déclare sa créance dans les deux mois pour préserver ses droits sur la valeur, et il revendique ses biens dans les trois mois pour tenter de les récupérer en nature. Ces deux démarches ne s'excluent pas : elles se combinent selon que le prix a été payé ou non et selon que les biens subsistent ou non. La clause de réserve de propriété, souvent négligée dans les conditions générales de vente, se révèle l'une des protections les plus efficaces du créancier fournisseur.

Le cas particulier du bailleur commercial

Le bailleur d'un local commercial occupe une position spécifique lorsque son locataire fait l'objet d'une procédure collective.

L'ouverture de la procédure ne résilie pas automatiquement le bail. L'administrateur ou le débiteur dispose d'une option sur la continuation du contrat en cours, conformément à l'article L622-13 du code de commerce. Si le bail est poursuivi, les loyers correspondant à l'occupation postérieure au jugement constituent des créances nées régulièrement après l'ouverture, payables à leur échéance et bénéficiant d'un traitement privilégié. Les loyers antérieurs, eux, sont des créances soumises à déclaration comme n'importe quelle autre.

Le bailleur bénéficie d'un privilège spécial sur les meubles garnissant les lieux loués, qui améliore son rang dans les répartitions. Mais ce privilège suppose que les meubles existent et n'aient pas été appréhendés par d'autres créanciers ou revendiqués par des fournisseurs. La coordination entre le privilège du bailleur et les revendications de fournisseurs sous réserve de propriété donne d'ailleurs lieu à des conflits fréquents.

En matière de résiliation pour défaut de paiement des loyers postérieurs, le bailleur doit respecter un délai d'attente après l'ouverture avant de pouvoir agir, prévu par l'article L622-14. La stratégie du bailleur consiste à surveiller étroitement le paiement des loyers courants, à déclarer sans délai les loyers antérieurs, et à se positionner rapidement sur le sort du bail, actif souvent convoité dans le cadre d'un plan de cession.

Checklist de vigilance du créancier B2B et du bailleur commercial

La vigilance se structure autour de quelques réflexes à formaliser en interne.

En phase de prévention, tout au long de la relation :

  • suivre l'historique de paiement de chaque débiteur et fixer des encours plafonds révisables
  • consulter périodiquement le RCS via Infogreffe pour vérifier le dépôt des comptes et l'absence de mention de procédure
  • souscrire un service de surveillance sur les principaux débiteurs, afin d'être alerté de tout changement de situation
  • intégrer une clause de réserve de propriété écrite dans les conditions générales de vente et s'assurer qu'elle est acceptée au plus tard à la livraison
  • exiger des garanties (caution, nantissement, dépôt de garantie pour un bail) sur les relations à fort encours

Dès la détection d'une procédure au BODACC :

  • identifier immédiatement la date de publication du jugement d'ouverture, qui fait courir tous les délais
  • calculer et noter les deux échéances clés : deux mois pour la déclaration de créance, trois mois pour la revendication
  • rassembler les pièces justificatives : contrat, factures, bons de livraison, décompte des intérêts, clause de réserve de propriété
  • déclarer la créance auprès du mandataire judiciaire en chiffrant précisément le principal, les échéances à venir et les sûretés
  • pour le fournisseur, engager la revendication des biens existant en nature dans le délai de trois mois
  • pour le bailleur, déclarer les loyers antérieurs, surveiller le paiement des loyers courants et se positionner sur le sort du bail

Ce double dispositif, préventif et réactif, distingue le créancier qui récupère une part de sa créance de celui qui la passe intégralement en perte.

Conclusion

La procédure collective n'est pas une fatalité pour le créancier, mais elle sanctionne durement l'inattention. Le message central de ce guide tient en une idée : les droits du créancier ne se conservent pas passivement, ils se défendent activement, dans des délais que la loi ne prolonge presque jamais. La veille sur Infogreffe et le BODACC, la déclaration de créance dans les deux mois, la revendication dans les trois mois, la clause de réserve de propriété soignée en amont : ces réflexes séparent le professionnel qui limite sa perte de celui qui découvre trop tard qu'il ne récupérera rien.

Le parti pris assumé ici est qu'il vaut toujours mieux investir dans la prévention et la surveillance que dans le contentieux de rattrapage. Un relevé de forclusion est incertain, coûteux et rarement gagnant. Une déclaration de créance faite dans les temps est simple et efficace. Concrètement, tout créancier professionnel ou bailleur devrait, avant même le premier impayé, cartographier ses débiteurs à risque et mettre en place une alerte automatisée sur le BODACC pour ses principaux partenaires. Le jour où le jugement d'ouverture paraît, le compte à rebours a déjà commencé.

Questions fréquentes

Comment savoir si une entreprise fait l'objet d'une procédure collective ? Deux sources publiques permettent de le vérifier. Le registre du commerce et des sociétés, consultable via Infogreffe, porte une mention lorsqu'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation est ouverte. Le BODACC publie officiellement les jugements d'ouverture et sert de point de départ aux délais légaux. Un service de surveillance sur Infogreffe permet d'être alerté automatiquement de tout changement affectant un débiteur suivi.

Quel est le délai pour déclarer une créance en procédure collective ? Le délai est de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC, en application de l'article L622-24 du code de commerce. Il est porté à quatre mois pour les créanciers ne résidant pas en France métropolitaine. Le titulaire d'une sûreté publiée doit être averti personnellement par le mandataire, et son délai ne court qu'à compter de cet avertissement. Passé ce délai, la créance est en principe frappée de forclusion.

Que se passe-t-il si je n'ai pas déclaré ma créance à temps ? La créance non déclarée devient inopposable à la procédure : le créancier ne participe ni aux répartitions ni au plan. Il reste une voie de secours, le relevé de forclusion prévu à l'article L622-26, mais elle suppose de prouver que la défaillance n'est pas due au créancier, par exemple parce que le débiteur l'avait omis de la liste de ses créanciers. Cette action doit être engagée dans un délai limité, en principe six mois à compter de la publication du jugement, et son issue reste incertaine.

Un fournisseur peut-il récupérer ses marchandises livrées et impayées ? Oui, s'il a stipulé une clause de réserve de propriété écrite acceptée au plus tard à la livraison. Il doit alors revendiquer les biens dans un délai de trois mois à compter de la publication du jugement d'ouverture, sur le fondement des articles L624-9 et suivants du code de commerce. Les marchandises doivent exister en nature et être identifiables au jour du jugement. Cette revendication se combine avec la déclaration de créance, qui reste nécessaire pour la partie du prix non couverte.

Le bail commercial est-il résilié automatiquement en cas de procédure collective du locataire ? Non. L'ouverture d'une procédure ne résilie pas le bail de plein droit. L'administrateur ou le débiteur dispose d'une option sur la continuation du contrat en cours au titre de l'article L622-13 du code de commerce. Les loyers postérieurs au jugement sont dus à leur échéance et bénéficient d'un traitement privilégié, tandis que les loyers antérieurs doivent être déclarés. Le bailleur doit respecter un délai d'attente avant d'agir en résiliation pour les loyers postérieurs impayés.

Un mandat ad hoc ou une conciliation apparaissent-ils sur Infogreffe ? Non, en principe. Le mandat ad hoc et la conciliation, régis par les articles L611-3 et suivants du code de commerce, sont des procédures préventives couvertes par la confidentialité, destinées à laisser le dirigeant négocier discrètement avec ses partenaires. Un créancier ne les découvre en général que s'il est invité à participer aux négociations. Seules les procédures collectives, dont la sauvegarde, font l'objet d'une publicité légale accessible sur Infogreffe et au BODACC.

La déclaration de créance doit-elle obligatoirement être faite par un avocat ? Non, le créancier peut déclarer lui-même sa créance auprès du mandataire judiciaire. Le recours à un avocat ou à un mandataire est toutefois recommandé lorsque la créance est importante, assortie de sûretés, ou susceptible d'être contestée lors de la vérification du passif. Un chiffrage rigoureux du principal, des intérêts et des échéances à venir conditionne le montant finalement admis. L'accompagnement se justifie aussi pour articuler déclaration de créance et revendication de biens.

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