Articles

Meublé touristique : sécuriser l'exploitabilité de l'actif (enregistrement, changement d'usage, copropriété)

La Ville de Paris contrôle activement les locations de courte durée, les plateformes bloquent les annonces sans numéro, et la loi du 19 novembre 2024 dite loi Le Meur a resserré l'ensemble du dispositif. Pour un investisseur, un bailleur institutionnel ou un acquéreur, la question n'est plus de savoir si un lot rapporte davantage en courte durée qu'en location nue : elle est de savoir si le lot restera exploitable en courte durée dans trois ans, et entre les mains de qui. Or l'exploitabilité d'un meublé de tourisme repose sur trois autorisations distinctes, cumulatives, délivrées par trois autorités différentes, dont deux peuvent disparaître à la revente. Ce guide détaille ces trois verrous, la chronologie des contrôles et des sanctions, et ce que la décote d'un lot déjà exploité en courte durée dissimule fréquemment au repreneur.

Trois verrous cumulatifs, trois logiques juridiques distinctes

La confusion la plus coûteuse en pratique consiste à traiter la location de courte durée comme un régime unique. Elle relève en réalité de trois corps de règles qui ne poursuivent pas le même objet et ne se compensent jamais l'un l'autre.

  • La déclaration en mairie relève du code du tourisme (article L. 324-1-1). Elle est déclarative, identifie le bien et son loueur, et donne lieu à la délivrance d'un numéro d'enregistrement.
  • Le changement d'usage relève du code de la construction et de l'habitation (articles L. 631-7 et suivants). Il est autorisatif, protège le parc de logements et conditionne, à Paris, l'exploitation d'un local qui n'est pas la résidence principale du loueur.
  • Le règlement de copropriété relève du droit des contrats et de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. Il est opposable entre copropriétaires et peut interdire l'activité indépendamment de toute autorisation administrative.

Une autorisation administrative parfaitement régulière ne neutralise pas une clause d'habitation bourgeoise exclusive. À l'inverse, l'accord tacite des copropriétaires ne couvre aucun défaut d'autorisation de changement d'usage. Ces trois verrous s'additionnent, et chacun est sanctionné par une autorité et une procédure propres : la commune et le procureur pour le changement d'usage, la commune pour l'enregistrement, le syndicat des copropriétaires pour le règlement. S'y ajoutent, en périphérie, le droit de l'urbanisme, le bail d'habitation et, depuis la loi Le Meur, la performance énergétique. Le régime de déclaration et d'autorisation préalables de mise en location issu de la loi ALUR est examiné dans notre article consacré au permis de louer de l'article L. 635-1 du CCH.

Verrou n° 1 : la déclaration meublé de tourisme et le numéro d'enregistrement

Ce que la déclaration couvre, et ce qu'elle ne couvre pas

Le meublé de tourisme se définit comme une villa, un appartement ou un studio meublé offert à une clientèle de passage qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, à la semaine ou au mois, et qui n'y élit pas domicile (article L. 324-1-1 du code du tourisme). La déclaration meublé de tourisme est adressée à la mairie de la commune d'implantation. Dans les communes ayant instauré la procédure d'enregistrement, elle donne lieu à un numéro d'enregistrement meublé de tourisme à treize caractères, qui doit figurer sur toute annonce, quelle que soit la plateforme.

Ce numéro n'est pas une autorisation. Il ne vaut ni permission d'exploiter, ni reconnaissance de la régularité du local au regard du changement d'usage, ni validation de la destination de l'immeuble. Il constitue un identifiant de contrôle : il permet à la commune de rapprocher le local déclaré des décomptes de nuitées transmis par les plateformes et de détecter les dépassements du plafond annuel applicable aux résidences principales. Le raisonnement inverse, consistant à déduire de l'obtention d'un numéro que l'exploitation est sécurisée, est l'une des erreurs d'audit les plus fréquentes.

Le calendrier issu de la loi Le Meur

La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale, publiée au Journal officiel du 20 novembre 2024, généralise la procédure d'enregistrement à l'ensemble du territoire, via un téléservice national, selon un calendrier fixé par la loi et ses textes d'application, avec une échéance de déploiement en 2026. L'enregistrement cesse donc d'être une faculté réservée aux communes en zone tendue pour devenir le régime de droit commun.

La loi renforce en parallèle les obligations documentaires : la commune peut exiger du déclarant la production de pièces justificatives, notamment celles établissant que le local constitue bien la résidence principale du loueur, et suspendre ou retirer le numéro en cas de déclaration inexacte. Pour un exploitant multi-lots, cette faculté de retrait constitue un risque d'interruption d'exploitation immédiat, sans passage devant un juge.

Sanctions et effets pratiques

Le défaut d'enregistrement expose à une amende civile prononcée par le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, sur demande de la commune. Les plafonds, relevés par la loi Le Meur, atteignent 10 000 euros pour un défaut d'enregistrement et 20 000 euros en cas de fausse déclaration ou d'usage d'un numéro obtenu par fraude. Le dépassement du plafond annuel de location d'une résidence principale est sanctionné distinctement. Le fonctionnement de cette voie procédurale et son articulation avec le référé et l'assignation à jour fixe font l'objet de notre article sur la procédure accélérée au fond.

À ces sanctions s'ajoute un effet opérationnel souvent plus immédiat : les plateformes ont l'obligation de retirer les annonces dépourvues de numéro valide dans les communes concernées et de bloquer automatiquement la mise en location au-delà du plafond annuel. La perte du numéro équivaut, en pratique, à l'arrêt de la commercialisation.

Verrou n° 2 : changement d'usage et compensation

Le principe et son champ

L'article L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation soumet à autorisation préalable le changement d'usage des locaux destinés à l'habitation, dans les communes de plus de 200 000 habitants et dans les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Le texte précise expressément que le fait de louer un local meublé destiné à l'habitation de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile constitue un changement d'usage.

« Le fait de louer un local meublé destiné à l'habitation de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile constitue un changement d'usage au sens du présent article. » (article L. 631-7, alinéa 6, du code de la construction et de l'habitation)

La compatibilité de ce régime avec la directive services a été tranchée : la Cour de justice de l'Union européenne, dans son arrêt Cali Apartments du 22 septembre 2020 (affaires jointes C-724/18 et C-727/18), a jugé qu'un tel régime d'autorisation pouvait être justifié par une raison impérieuse d'intérêt général tenant à la lutte contre la pénurie de logements destinés à la location de longue durée. La Cour de cassation en a tiré les conséquences par une série d'arrêts rendus le 18 février 2021, validant le dispositif parisien sous réserve du contrôle de proportionnalité des règles locales. L'argument de l'incompatibilité au droit de l'Union, encore plaidé, n'a plus d'avenir sérieux.

L'exception de la résidence principale et le plafond annuel

Le changement d'usage n'est pas requis lorsque le local loué constitue la résidence principale du loueur, entendue comme le logement occupé au moins huit mois par an. La contrepartie est le plafond de 120 jours de location par année civile. La loi Le Meur permet désormais aux communes ayant instauré l'enregistrement d'abaisser ce plafond par délibération, jusqu'à 90 jours par an. Cette faculté modifie la structure de rendement d'un lot exploité en résidence principale sans qu'aucune formalité individuelle ne soit exigée : une simple délibération du conseil municipal suffit à réduire d'un quart la capacité d'exploitation.

La compensation à Paris : surface, secteurs, titre de commercialité

À Paris, l'autorisation de changement d'usage d'un local qui n'est pas la résidence principale du loueur est subordonnée à une compensation, dans les conditions fixées par le règlement municipal adopté par le Conseil de Paris. La compensation consiste à transformer en logement des locaux ayant un autre usage, d'une surface équivalente à celle faisant l'objet du changement d'usage, cette surface étant portée au double dans les secteurs de compensation renforcée qui couvrent les arrondissements centraux et l'ouest parisien.

En pratique, l'opérateur qui ne dispose pas de locaux à transformer acquiert un titre de commercialité auprès d'un tiers, sur un marché secondaire dont le prix au mètre carré constitue l'essentiel du coût d'entrée. Cette mécanique explique l'écart, souvent mal anticipé, entre le prix d'acquisition d'un lot et le coût réel de sa mise en exploitation touristique. La loi Le Meur a par ailleurs ouvert aux communes la possibilité de fixer, par délibération motivée, un nombre maximal d'autorisations temporaires de changement d'usage, et de délimiter dans le plan local d'urbanisme des secteurs où les constructions nouvelles sont réservées à l'habitation principale. L'accès au régime se contingente : le stock d'autorisations existantes gagne en valeur, mais la perspective de nouvelles autorisations se ferme.

Autorisation personnelle ou attachée au local : la distinction décisive

C'est le point qui détermine la valeur patrimoniale réelle d'un lot exploité en courte durée. L'article L. 631-7-1 du code de la construction et de l'habitation pose que l'autorisation de changement d'usage est en principe accordée à titre personnel et cesse de produire effet lorsqu'il est mis fin, à titre définitif, à l'activité professionnelle du bénéficiaire. Mais lorsque l'autorisation est subordonnée à une compensation, le titre est attaché au local et non à la personne.

La conséquence est immédiate en due diligence. Un lot exploité sous une autorisation temporaire personnelle, délivrée sans compensation, ne transmet rien à l'acquéreur : celui-ci devra solliciter sa propre autorisation, avec compensation, au prix du marché du jour. Un lot bénéficiant d'une autorisation avec compensation transmet en revanche un droit réel attaché au local, qui se capitalise. Deux lots physiquement identiques, affichant le même chiffre d'affaires touristique, peuvent ainsi présenter des valeurs d'exploitation radicalement différentes. L'examen du titre, de sa nature, de sa durée et des surfaces compensées doit précéder toute négociation de prix.

Sanctions : l'amende civile de l'article L. 651-2 et le retour à l'habitation

Le changement d'usage irrégulier expose à une amende civile prononcée par le président du tribunal judiciaire, sur demande du maire ou du procureur de la République, dont le plafond est fixé à 50 000 euros par local irrégulièrement transformé (article L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation). Le juge ordonne en outre le retour à l'usage d'habitation dans un délai qu'il fixe, sous astreinte pouvant atteindre 1 000 euros par jour et par mètre carré utile. À l'expiration du délai, l'administration peut procéder d'office aux frais du contrevenant et l'expulsion des occupants peut être ordonnée.

La sanction n'est donc pas seulement pécuniaire : elle emporte remise en location nue ou en habitation, c'est-à-dire destruction du modèle d'exploitation. Elle frappe le propriétaire du local, y compris lorsque l'exploitation est assurée par un tiers, ce qui appelle une attention particulière aux clauses de garantie dans les mandats de gestion et les baux consentis à des exploitants.

Verrou n° 3 : location courte durée et copropriété

Destination de l'immeuble et clause d'habitation bourgeoise

Le règlement de copropriété est la loi de l'immeuble. Il constitue le verrou le plus souvent négligé, alors qu'il est le seul à pouvoir être actionné par des voisins immédiats, sans délai administratif et avec une astreinte à la clé. L'analyse repose sur la distinction entre deux types de clauses.

La clause d'habitation bourgeoise simple autorise l'exercice de professions libérales, voire de certaines activités non commerciales, aux côtés de l'habitation. La clause d'habitation bourgeoise exclusive réserve l'immeuble au seul usage d'habitation et prohibe toute activité professionnelle ou commerciale. Il est admis en droit français que l'exploitation d'un lot en meublé de tourisme, caractérisée par une rotation soutenue de clientèle de passage, des prestations para-hôtelières et une commercialisation permanente, s'analyse en une activité de nature commerciale incompatible avec une clause d'habitation bourgeoise exclusive. Les juridictions apprécient l'activité concrètement : fréquence des séjours, durée moyenne, existence de services annexes, nuisances constatées, usage des parties communes.

L'analyse doit porter sur le texte exact du règlement, y compris ses modificatifs publiés, et non sur une formule générique. Une clause qui interdit toute « location en meublé » ou réserve les lots à l'usage « d'habitation privative et bourgeoise » n'appelle pas la même lecture qu'une clause admettant l'exercice de professions libérales.

Ce que la loi Le Meur a modifié en copropriété

La loi du 19 novembre 2024 a renforcé l'information et le pouvoir de décision du syndicat. Le copropriétaire qui déclare un meublé de tourisme doit désormais en informer le syndic, lequel porte cette information à la connaissance de l'assemblée générale. La question de l'inscription à l'ordre du jour d'une interdiction ou d'une réglementation de la location de courte durée devient ainsi un point récurrent de la vie des copropriétés.

La loi permet par ailleurs à l'assemblée générale, dans les immeubles dont le règlement prévoit une destination exclusive d'habitation, de décider l'interdiction de la location de meublés de tourisme à la majorité renforcée de l'article 26 de la loi du 10 juillet 1965. Enfin, les règlements de copropriété établis postérieurement à l'entrée en vigueur de la loi doivent mentionner expressément si l'activité de location de meublé de tourisme est autorisée ou interdite. Le risque, pour l'investisseur, change donc de nature : il ne suffit plus d'être conforme au règlement actuel, il faut évaluer la probabilité que la copropriété se dote d'une interdiction à moyen terme, en fonction de la composition de l'immeuble et des majorités mobilisables. Sur les différents régimes de majorité applicables selon la clause du règlement que l'assemblée entend modifier, voir notre analyse de la modification du règlement de copropriété.

L'action du syndicat et son calendrier

Le syndicat des copropriétaires, voire un copropriétaire agissant individuellement pour la défense de ses droits, peut saisir le tribunal judiciaire d'une demande de cessation de l'activité sous astreinte, sur le fondement de l'article 9 de la loi du 10 juillet 1965 et du règlement de copropriété, assortie de dommages et intérêts au titre du trouble de jouissance. Le référé peut être mobilisé lorsque le trouble manifestement illicite est caractérisé, ce qui est fréquemment retenu en présence d'une clause claire et d'une activité établie par constat. Les actions personnelles nées de l'application de la loi de 1965 se prescrivent par cinq ans (article 42 de la loi du 10 juillet 1965, dans sa rédaction issue de la loi ELAN du 23 novembre 2018).

Les verrous périphériques : bail, urbanisme, performance énergétique

Trois contraintes complètent le dispositif et conditionnent l'exploitabilité dans la durée.

  • Le bail d'habitation. Le locataire ne peut sous-louer sans l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix (article 8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989). La sous-location touristique non autorisée expose le locataire à la résiliation du bail et à la restitution au bailleur des sous-loyers perçus, qualifiés de fruits civils de la chose. Pour un bailleur institutionnel, la détection des annonces portant sur ses lots constitue un axe de recouvrement à part entière.
  • Le droit de l'urbanisme. Le changement d'usage au sens du code de la construction et de l'habitation ne se confond pas avec le changement de destination au sens du code de l'urbanisme, qui distingue l'habitation de l'hébergement hôtelier et touristique. Des travaux, la modification de façade ou une exploitation para-hôtelière structurée peuvent déclencher une déclaration préalable ou un permis, avec un régime de sanctions pénales autonome.
  • La performance énergétique. La loi Le Meur soumet les meublés de tourisme situés en zone tendue à des exigences de diagnostic de performance énergétique, immédiates pour les nouvelles mises en location et différées, selon le calendrier fixé par la loi, pour le stock existant. L'exploitabilité future d'un lot énergivore doit donc être appréciée au regard des capex de rénovation, exactement comme pour un actif tertiaire soumis au dispositif éco-énergie tertiaire.

Ce que la décote d'un lot exploité en courte durée dissimule

Un lot vendu avec une exploitation touristique en place se négocie parfois avec une décote présentée comme liée à l'occupation ou à la vétusté. Cette décote recouvre souvent un passif juridique identifiable.

  • Une autorisation personnelle non transmissible, qui ne survit pas à la vente et impose au repreneur d'acquérir un titre de commercialité.
  • Une procédure en cours devant le tribunal judiciaire à l'initiative de la Ville, dont l'amende civile et l'astreinte suivront le local et son propriétaire.
  • Un procès-verbal de contrôle déjà dressé par le service municipal compétent, non encore suivi d'assignation.
  • Une résolution d'assemblée générale récente interdisant ou encadrant la location de courte durée, ou un projet inscrit à l'ordre du jour de la prochaine assemblée.
  • Un contentieux de copropriété engagé, ou une mise en demeure du syndic restée sans suite.
  • Un DPE incompatible avec le calendrier applicable aux meublés de tourisme en zone tendue.

La grille d'audit minimale, avant signature d'une promesse, comprend : le numéro d'enregistrement et le récépissé de déclaration, l'arrêté d'autorisation de changement d'usage avec sa nature et sa durée, les titres de commercialité et le justificatif des surfaces compensées, le règlement de copropriété et l'intégralité de ses modificatifs publiés, les procès-verbaux d'assemblée générale des trois derniers exercices, l'état des procédures communiqué par le syndic, et les décomptes de nuitées des deux dernières années. La condition suspensive doit porter sur la transmissibilité effective du droit d'exploiter, et non sur la seule production d'un numéro d'enregistrement.

Le traitement fiscal, en particulier le resserrement des abattements micro-BIC opéré par la loi Le Meur au détriment des meublés non classés, n'intervient dans ce raisonnement que comme une dimension d'arbitrage parmi d'autres. Un régime fiscal favorable ne rattrape jamais un défaut d'autorisation : il en accroît seulement le coût d'opportunité une fois l'exploitation arrêtée.

Arbitrer sur l'exploitabilité, pas sur le rendement affiché

Le rendement d'un meublé de tourisme est une donnée instantanée ; son exploitabilité est une donnée juridique, contingentée et révocable. La loi Le Meur a déplacé le pouvoir de décision vers l'échelon local et vers l'assemblée générale : une délibération municipale peut abaisser le plafond annuel, plafonner les autorisations ou réserver des secteurs à la résidence principale ; une majorité de copropriétaires peut interdire l'activité dans l'immeuble. Un investisseur qui valorise un actif sur la base de nuitées passées sans avoir sécurisé le caractère réel et transmissible de son titre achète un flux, pas un droit.

Avant toute acquisition ou tout arbitrage sur un lot exploité en courte durée, faites établir un état complet du titre d'exploitation : nature de l'autorisation de changement d'usage, existence et quantum de la compensation, clause de destination du règlement de copropriété et résolutions d'assemblée générale des trois derniers exercices. Conditionnez le prix et la réitération à cet état, et non à la seule existence d'un numéro d'enregistrement.

Questions fréquentes

Le numéro d'enregistrement meublé de tourisme suffit-il à exploiter légalement un appartement à Paris ? Non. Le numéro d'enregistrement résulte d'une simple déclaration au titre de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme et sert au contrôle du respect du plafond annuel. Si le local n'est pas la résidence principale du loueur, une autorisation de changement d'usage avec compensation, délivrée au titre des articles L. 631-7 et suivants du code de la construction et de l'habitation, reste indispensable. Le règlement de copropriété doit en outre autoriser l'activité.

L'autorisation de changement d'usage est-elle transmise à l'acquéreur du lot ? Seulement si elle a été subordonnée à une compensation. L'article L. 631-7-1 du code de la construction et de l'habitation prévoit que l'autorisation est personnelle, sauf lorsqu'elle est assortie d'une compensation, auquel cas elle est attachée au local. Une autorisation temporaire personnelle cesse donc de produire effet au profit du repreneur, qui devra constituer son propre dossier. C'est le premier point à vérifier avant de valoriser une exploitation en place.

Une copropriété peut-elle interdire la location courte durée alors que le règlement ne dit rien ? Oui, sous conditions. La loi du 19 novembre 2024 permet à l'assemblée générale, dans les immeubles dont le règlement prévoit une destination exclusive d'habitation, de décider l'interdiction de la location de meublés de tourisme à la majorité renforcée de l'article 26 de la loi du 10 juillet 1965. Par ailleurs, même en l'absence d'interdiction expresse, une clause d'habitation bourgeoise exclusive suffit fréquemment à faire cesser l'activité, l'exploitation touristique étant analysée comme commerciale.

Quelles sanctions en cas de location courte durée sans autorisation de changement d'usage ? L'article L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation prévoit une amende civile pouvant atteindre 50 000 euros par local irrégulièrement transformé, prononcée par le président du tribunal judiciaire sur demande du maire ou du procureur. Le juge ordonne le retour à l'usage d'habitation sous astreinte pouvant atteindre 1 000 euros par jour et par mètre carré utile. L'administration peut ensuite exécuter d'office aux frais du contrevenant.

Le plafond de 120 jours peut-il être réduit ? Oui. La loi Le Meur autorise les communes ayant instauré la procédure d'enregistrement à abaisser par délibération le plafond annuel de location d'une résidence principale, jusqu'à 90 jours par année civile. Aucune formalité individuelle n'est requise : la délibération s'applique au stock existant. Tout modèle économique construit sur 120 nuitées doit intégrer ce risque réglementaire.

Un locataire peut-il mettre son logement en location touristique ? Pas sans l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix de la sous-location (article 8 de la loi du 6 juillet 1989). À défaut, le bailleur peut demander la résiliation du bail et la restitution des sous-loyers perçus, ceux-ci étant analysés comme des fruits civils revenant au propriétaire. Pour un bailleur institutionnel, la surveillance des annonces constitue un levier de recouvrement direct.

Que vérifier dans les procès-verbaux d'assemblée générale avant d'acquérir un lot exploité en meublé touristique ? Il faut rechercher toute résolution relative à la location de courte durée, tout projet inscrit à l'ordre du jour, toute mise en demeure adressée par le syndic à un copropriétaire exploitant, et l'état des procédures judiciaires en cours communiqué par le syndic. Une interdiction votée entre la promesse et la réitération prive l'acquéreur de son modèle d'exploitation. La promesse doit donc comporter une condition suspensive expresse sur ce point.

Votre situation ressemble-t-elle à celle-ci ?

Quatre questions suffisent à situer votre position, le délai qui vous reste et ce qu'il faut vérifier en priorité. Vous décidez ensuite si vous en parlez au cabinet.

Décrire ma situation
Sans engagement – réponse du cabinet sous quarante-huit heures ouvrées.
• Vous êtes concerné ?

Une question sur votre propre situation ?

Le cabinet accompagne dirigeants, investisseurs et particuliers, du conseil en amont jusqu’au contentieux.

generique
meuble-touristique-securiser-lexploitabilite-de-lactif-enregistrement-changement-dusage-copropriete
Questionnaire
×
Merci, votre demande est bien parvenue au cabinet. Une réponse vous sera adressée sous quarante-huit heures ouvrées.
L’envoi n’a pas abouti. Vous pouvez écrire directement à contact@avocats-gloria.com.

Vos réponses aux questions précédentes sont jointes à votre message. Réponse sous quarante-huit heures ouvrées.

Ces questions ne constituent pas une consultation juridique et ne remplacent pas l’examen de vos pièces. Les informations transmises servent uniquement à répondre à votre demande et ne sont pas cédées à des tiers.

← Question précédente

Gloria Avocats, votre partenaire juridique de confiance

Par mail ou par téléphone, le cabinet répond à toutes vos questions.

• Contactez-nous